Comment échouer dans ses efforts de « team building »

Des entreprises organisent des activités de cohésion d'équipe (team building) pour consolider les troupes et améliorer les performances… et font fausse route. Les erreurs à éviter, selon Laurent Vorelli, directeur de Propulsion RH et spécialiste dans l’organisation d’activités de cohésion d’équipe.

 

Fotolia_52596773_XS.jpg1. Se lancer dans l’action sans diagnostic

« On suit une recette, on répète une expérience passée, on copie la stratégie déjà appliquée à une autre entreprise et on la duplique telle quelle à notre situation. Au contraire, il faut faire une analyse et prendre en compte la structure de l’entreprise, sa mission, sa culture, la dynamique de l’équipe… Il arrive ainsi qu’on se rende compte que le problème n’est même pas un problème de mobilisation de l’équipe, mais de mauvaise gestion du superviseur! Il serait, dans ce cas, plus adapté de développer les compétences de gestion de la personne responsable par de la formation ou du coaching, par exemple. »

2. Ne pas se fixer d’objectif précis

« Accroître la mobilisation d’une équipe est un objectif très large. Peut-être a-t-on dans l’équipe des individus très engagés et mobilisés envers l’organisation, mais qui ont l’habitude de travailler en silo. Dans ce cas, il y a peu d’intérêt à renforcer ces aspects de la mobilisation d’équipe. En revanche, il serait pertinent de travailler à augmenter la collaboration au sein de l’équipe. Si l’activité de consolidation d’équipe n’est pas pensée de cette façon, qu’elle ne vise pas à promouvoir la collaboration et la puissance du travail de groupe, on perd notre temps. »

3. Oublier qu’on vise le changement


« Il arrive que certaines activités de consolidation d’équipe, parce qu’elles ne sont pas tournées vers l’action ou que l’animateur perd le contrôle, se transforment en un flot de discours anecdotiques et d’épanchements personnels de la part des participants. On veut certes que les gens constatent les enjeux individuels et collectifs, qu’ils partagent ce qu’ils ressentent et qu’ils puissent en tirer des conclusions, mais au final, l’organisation s’attend à ce qu’ils y aient des changements concrets suite à ce type d’activité. »

4. Mal gérer le groupe


« C’est un piège courant. On laisse ceux qui aiment leader monopoliser les échanges et prendre toute les initiatives durant les exercices et activités. Résultat : les personnes plus introverties restent dans leur coin et participent très peu. L’animateur a pour rôle de s’assurer que tout le monde participe activement et que personne n’est laissé de côté. C’est une activité d’équipe, après tout ! »

5. S’amuser… et c’est tout


« Souvent, on voit des activités où les gens s’amusent… et puis après ? Ça fait peut-être du bien à l’équipe momentanément, mais qu’est-ce qu’il reste le lendemain ? Faire vivre des expériences aux participants ne suffit pas : il est important de construire sur ce qui vient d’être vécu. C’est pourquoi il est important de prendre le temps de se poser, de réfléchir et d’échanger sur ce qui vient de se passer, de faire un lien avec des situations de travail et d’en tirer des conclusions. Ce moment de rétroaction est même souvent plus enrichissant que l’expérience vécue ! »

6. Considérer l’activité de cohésion d’équipe comme terminée une fois l’activité terminée


« Il faut faire un suivi ! Autrement, tout va tomber à plat.  Les gens oublieront leurs idées et leurs résolutions dès leur retour à leur poste de travail. Si, par exemple, l’idée d’une nouvelle organisation de travail a émergé lors de l’activité de mobilisation, on pourrait créer un comité de travail pour mettre en application cette idée, s’assurant ainsi que l’activité de mobilisation apporte des résultats concrets. »
 

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