La robotisation modifiera-t-elle le marché du travail ?

La robotisation serait-elle sur le point de mettre en péril notre marché du travail ? La lettre ouverte rédigée par Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail, pousse à la réflexion. « Aujourd'hui, le désarroi provoqué par le potentiel destructif, pour des millions d'emplois, des nouvelles technologies n'a jamais été aussi profond, fait-il remarquer. Au cœur d'une crise massive de l'emploi, les technologies ne cessent de réduire les postes de travail nécessaires à la production de masse, tandis que l'automatisation des tâches juridiques et comptables de routine creuse plus encore ce secteur du marché du travail. »
 
Éduquer et former la main d’oeuvre
 
Dans un rythme accru, 200 000 nouveaux robots industriels voient le jour chaque année dans le monde. En 2015, Guy Ryder estime qu’ils devraient être 1,5 million. Face à cette poussée de l’automatisation, les maîtres-mots semblent être l’anticipation et l’adaptation. « Il faut impérativement anticiper les évolutions technologiques à venir, éduquer et former la main d’oeuvre mondiale pour la doter de moyens qui lui permettent de participer au marché du travail moderne », préconise le directeur général de l’OIT. Un manque d’anticipation pourrait mettre de nombreuses entreprises en difficulté, tant le marché du travail évolue rapidement. 
 
Pour traverser cette étape délicate, Guy Ryder plaide pour un renforcement des programmes gouvernementaux et des investissements importants dans la transmission des compétences de la part des employeurs et des syndicats. L’investissement dans l’éducation devrait aussi être privilégié. « Une ressource abondante de travailleurs formés de manière adaptée et disposés à poursuivre l'acquisition de compétences dynamise la confiance des investisseurs, et donc l’emploi », poursuit-il. 
 
Atténuer les inégalités
 
Mais ces investissements ne devraient pas aller sans une protection sociale étendue, alors que « les actuels nouveaux arrivants sur le marché du travail ne trouvent majoritairement que des contrats courts ou temporaires ». Pour atténuer les inégalités qui tendent à se renforcer, le directeur général de l’OIT préconise des mesures d’atténuation de la part des gouvernements : un solide système d’allocations chômage, un régime de retraite digne, une couverture santé viable. « Dans un monde où le travail est de plus en plus automatisé et où les relations employés-employeurs se délitent, les valeurs inscrites dans les normes du travail de l’OIT n’ont jamais autant été utiles », déclare Guy Ryder.  
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