L’attente en soins de santé plombe la productivité des Canadiens

En 2013, l'attente relative aux soins de santé, aurait généré une perte en productivité de 1 202 $ par patient. Au total, ce manque à gagner serait de 1,1 milliard $ pour l’économie du pays. C’est ce que met en lumière une étude de l’Institut Fraser.

ScreenHunter_31-Mar-28-16-58.gifAttendre d’être soigné, coûte cher au pays en terme de productivité. Le préjudice total était ainsi de 1 202 dollars par patient l’an dernier, soit 1,1 milliard de dollars pour les 928 120 personnes ayant attendu un traitement après une consultation spécialisée, selon le rapport Reducing Wait Times for Health Care: What Canada Can Learn from Theory and International Experience réalisé par l’Institut Fraser. De plus, les patients canadiens ont du patienter 9,6 semaines pour accéder à leurs soins. Ces données ont été calculées à partir de la valeur moyenne du temps perdu durant une semaine de travail pour chaque patient en attente d’être traité.

Plus d’attente au Québec

Au Québec, la situation n’est guère fleurissante à en croire l’étude. Si le coût de cette attente est de 1 079 dollars par patient, soit 267,7 millions dollars au global, les délais seraient supérieurs à la médiane nationale pour grimper à 10,4 semaines. Toutefois, c’est la Saskatchewan qui bat des records en matière de coûts en affichant 2 022 $, soit le montant le plus élevé du Canada. Viennent ensuite le Manitoba avec 1 977 $, la Nouvelle-Écosse, 1 732 $, la Colombie-Britannique fermant la marche avec 1 191 $. En revanche, il faut aller en Ontario pour voir des patients mieux lotis puisque l’attente pour des soins spécialisés tombe à 7,1 semaines et le déficit en terme de production, n’est plus que de 867 $.

Si l’étude ne dévoile pas les raisons de ces différences provinciales, une première explication peut être trouvée dans les niveaux de rémunération qui varient d’une province à l’autre. On sait que les salaires sont moins élevés au Québec qu’en Ontario ou en Alberta. La rétribution hebdomadaire moyenne est en effet de 796 $ au Québec, contre 901 $ en Ontario. De ce fait, les déficits de productivité sont eux aussi moins coûteux.

Des coûts plus élevés qu’en 2012

Par ailleurs, le rapport révèle que les conséquences financières de cette attente au Canada ont connu une progression de 6% par rapport à 2012 et de 2% par rapport à 2004, année pendant laquelle les coûts avaient été les plus élevés. Nadeem Esmail, directeur de l’Institut et auteur d’une partie de l’étude, rappelle que l’aspect du coût de l'attente pour des soins de santé est bien souvent occulté, alors qu’il engendre une perte de productivité et de participation active à la société. Autres conséquences possibles pour le patient : une baisse de salaire et un accroissement de son stress.

L’inaptitude des pouvoirs publics à limiter ces délais, a non seulement des conséquences néfastes sur le bien-être des Canadiens, mais ralentit l’économie à l’échelle nationale. Les attentes requises pour se faire soigner influent sur les investissements dans l’éducation et la formation, l’implication parentale, le soutien aux enfants d’âge scolaire et le taux d’absentéisme et de présentéisme en milieu de travail, souligne l’étude. Et pourtant, s’il n’est pas possible d’estimer de manière précise les bénéfices financiers, tout porte à croire qu’ils seraient importants.

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