Pour avoir des employés en forme: le bâton plutôt que la carotte

Une récente étude américaine a démontré que les employés menacés de perdre la prime « santé » qu’ils avaient déjà reçue étaient plus assidus à l’exercice que ceux qui recevaient la même prime, mais après l’atteinte des objectifs… Faits saillants.

L’étude en question, récemment publiée dans l’édition de mars de la revue Annals of Internal Medicine, a été menée par la faculté de médecine de l’université de Pennsylvanie. On a demandé à 281 participants de marcher 7000 pas par jour pendant 26 semaines.

Les participants ont été répartis en quatre groupes. Dans le premier, les employés recevaient une prime de 1,40 $ chaque fois qu’ils atteignaient l’objectif quotidien. Dans le deuxième groupe, il n’y avait aucune prime. Dans le troisième, les employés ayant atteint l’objectif quotidien avaient accès à une loterie. Puis, dans le dernier groupe, les employés recevaient la prime entière de 42 $ au début du mois, mais perdaient 1,40 $ chaque fois que l’objectif quotidien n’était pas atteint.

Le résultat? C’est le dernier groupe, où la prime était versée d’avance, puis retirée en cas d’échec, qui a le mieux fait. Les employés de ce groupe ont complété leur marche quotidienne dans une proportion de 45 %. Ceci qui dépasse amplement les résultats du groupe sans incitatif (30 %), mais aussi ceux des groupes recevant une prime quotidienne (35 %) ou un accès à la loterie (36 %).

Cette découverte est importante selon les chercheurs, car « la plupart des programmes de santé en entreprise accordent habituellement la prime après que l’objectif soit atteint, a fait remarquer Kevin G. Volpp, Ph. D., un des auteurs de l’étude. Nos recherches démontrent que le potentiel de perdre une prime est un puissant motivateur, et cela s’ajoute à notre compréhension de ce qui encourage les employés à participer aux programmes de santé en entreprise ».

Pas juste une question de prime

Maude Sicotte, CRHA chez Lambert RH, met toutefois en doute cette conclusion : « À long terme, je crois qu’il faut plus qu’un incitatif financier pour qu’un tel programme fonctionne. » La conseillère souligne par ailleurs que, de manière générale, le salaire et les avantages financiers ne suffisent plus pour retenir le talent en entreprise.

« Pour avoir du succès, croit-elle, un programme de santé en entreprise doit s’imbriquer dans la culture de l’entreprise. Les employés doivent sentir que c’est vécu et mis de l’avant par la direction. »

Par exemple, des incitatifs simples comme aménager un espace de rangement pour les vélos, prévoir des douches ou donner un horaire variable aux employés. « Ce sont des signaux clairs que l’employeur accorde de l’importance à cet enjeu. Puis, ça donne un coup de pouce à ceux qui décident d’être actifs. » 

Maude Sicotte fait également remarquer qu’un programme de santé en entreprise digne de ce nom devra ratisser beaucoup plus large que le simple exercice physique : « Il faut tenir compte aussi bien de la santé physique que psychologique des employés. »

Liens vers l'étude:

http://www.uphs.upenn.edu/news/News_Releases/2016/02/patel/

http://annals.org/article.aspx?articleid=2491916

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