Entrevue :M. David Guérette

Entrevue :

David Guérette, Directeur de dotation chez AXA

1- Quels sont les défis que vous rencontrez ? Les défis rencontrés se situent dans les domaines de l’assurance, les métiers de l’actuariat et les finances. Pour l’actuariat, le problème se trouve au niveau de l’aspect professionnel du métier, il y a très peu de finissants… La finance est un domaine en perpétuelle demande.. que l’économie aille bien ou non, on a toujours besoin de spécialistes de ce domaine. Finalement, en ce qui concerne les métiers de l’assurance, à savoir les souscripteurs et les indemnisateurs, ces deux secteurs vont connaître des mises à la retraite massive dans les 5 à 10 prochaines années. 2- Vit-on un problème de relève dans ce milieu, peut-on parler de pénurie de main-d’œuvre ? Effectivement, on peut parler de pénurie. Ces données sont très préoccupantes quant on sait que le marché produit actuellement environ 350 personnes dans les métiers de l’assurance alors que les besoins se situent à environ 1200 par année. Nous allons revivre la même problématique que celle vécue dans les métiers des TI il y a quelques années. La compétition sera féroce et les compagnies vont proposer des salaires faramineux, de gros avantages sociaux, etc. afin d’attirer les candidats. Le problème de rétention se fera alors ressentir et le marché pourrait se retrouver avec des problèmes de renchérissements au niveau des salaires. 3- Pouvez-vous compter sur des ressources extérieures pour vous aider ? Pas vraiment, seulement 5% de nos embauches se font par l’intermédiaire de firmes. Nous les utilisons pour le personnel administratif et parfois pour les professionnels en finance. Malheureusement, les firmes ne sont pas spécialisées dans les métiers de l’assurance et qui mieux que des experts du domaine pour recruter des experts ? Cela nous prendrait des firmes qui comprennent vraiment cet univers. Il faut s’atteler dès maintenant au problème… Néanmoins, nous sommes très chanceux chez Axa d’avoir une équipe RH très forte à tous points de vue. Nous avons des gens de grande expérience. Il nous faut aussi être créatif. Prenons par exemple les souscripteurs, au lieu de prendre des gens qui sont souscripteurs et les former en techniques, AXA va aller chercher des gens spécialisés dans d'autres domaines et les former en assurances. 4- Est-ce que des gens techniques aimeraient travailler en assurances ? Pourquoi pas, car ils vont faire face à de nombreux défis qu’ils ne rencontreraient pas même en consultation. Si l’on veut rester fort sur le marché, il faut commencer à inventer, à créer nos gens. 5- La relève est-elle une préoccupation d’AXA à l’internationale ? Tout à fait, c’est pourquoi AXA travaille sur une stratégie globale, nous avons mis sur pied un plan d’action afin de repositionner la compagnie sur le marché (internationalement parlant) et de la rendre plus attirante pour les candidats. C’est un travail de longue haleine qui va utiliser toutes les ressources de l’entreprise. Nous avons créé différents groupes à travers le monde. Chacun de ces groupes travaille sur des portions de repositionnement comme les communications, la vision de l’entreprise, etc. Au Canada, nous travaillons la portion communications, il n’en reste pas moins que chaque pays adaptera le résultat à ses produits, à la clientèle visée et à la culture du pays… Mais il y a une réalité, nous ne pourrons pas tout faire seul, il faut que le marché de l’assurance se parle et mette en place des stratégies afin de promouvoir les métiers de l’assurance auprès de nos jeunes car ils ne veulent pas entendre parler de ces métiers (trop vieux jeu). Cela devrait être, dès maintenant, une priorité de l’industrie… 6- Comment les sites de recrutement ont-ils changé la façon de recruter des entreprises ? Internet ne représente qu’un outil, un véhicule parmi beaucoup d’autres. Une firme qui me dit avoir la plus grande base de données ne m’impressionne pas du tout, ce n’est qu’un outil qui, s’il est mal utilisé, n’apportera aucun bon résultat. Internet a affecté la rapidité d’embauche mais cela ne touche pas la qualité. Les sites spécialisés, quant à eux, ont leur place mais il nous en faudrait en plus grand nombre, où chaque domaine serait représenté. 7- Quelle est votre position sur la normalisation/certification de la profession de recruteur ? Pour l’instant recrute qui veut, surtout ceux qui n’ont pas trouvé d’emploi en sortant de l’école… On se retrouve avec des recruteurs qui vont masquer la réalité et faire miroiter des choses qui n’existent pas dans l’entreprise, tout cela pour recruter au plus vite. C’est un manque de respect face au candidat. Après quelques mois, on se retrouve avec des candidats frustrés qui ne pensent qu’à quitter. Il faut aussi que le recrutement perde son côté business, en disant cela je pense aux agences qui nous envoient des personnes qui ne correspondent pas au profil recherché : celles-ci espèrent placer leur monde au plus vite et toucher leur commission, et c’est sans parler des agences qui se battent pour le candidat présenté à l’entreprise. Cela nous prendrait une association, un regroupement… Cela nous donnerait plus de crédibilité… À chacun son métier, un vrai recruteur est un passionné, quelqu’un qui anticipe le marché, qui sait conseiller son monde à l’interne dans les bons moments comme dans les mauvais. On veut un sens de l’éthique car il n’y a pas d’éthique dans ce domaine. 8- Pourquoi une association ? Pour les certifier d’une façon ou d’une autre, leur offrir de la formation additionnelle, leur faire connaître les meilleures pratiques, ce qui se fait etc. Certifier les professionnels en dotation et en recrutement nous donnerait l’assurance d’avoir des personnes très compétentes dans ce domaine, des personnes qui nous arrivent avec un bagage d’outils, de concepts, de vision qui sont vraiment éprouvés dans le marché. 9- Vous nous parlez d’association, de certifier la profession, que fait l’Ordre à ce niveau ? L’Ordre est une association qui est là pour le bénéfice de regrouper les gens, de les mettre en réseau et d'apporter une valeur ajoutée, ce qu’ils font très bien… 10- Pour terminer, que désiriez-vous faire lorsque vous étiez petit ? Officier de marine

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