Le bonheur du gestionnaire

Pour ceux qui ont la fibre d'un leader, rien n'est plus grisant que d'occuper un poste de patron.

Trop dur, d'être un patron ? Pour beaucoup, ça l'est, comme je l'ai souligné dans ma précédente chronique. D'autres, en revanche, se réalisent pleinement dans un poste de commande. Ainsi, Martine, gestionnaire dans une grande entreprise, dirige un groupe de 150 personnes. Cadres, chefs d'équipe, professionnels et employés : elle a sous sa responsabilité tous les profils de travailleurs et tous les genres d'individus.

C'est parfois difficile, admet-elle, mais quand elle fait le bilan, il y a beaucoup plus d'éléments positifs : elle se sent au coeur de la stratégie et des décisions, elle a le sentiment de faire progresser son organisation et l'impression de laisser sa marque. Elle agit comme si c'était sa propre entreprise. Elle n'est pas motivée uniquement par le pouvoir et la réussite matérielle, mais aussi par un profond besoin d'engagement. Elle tire de cette motivation l'énergie nécessaire pour gérer ses équipes et pour faire preuve de leadership. Martine s'intéresse à ses employés ; elle est à leur écoute et elle crée cette proximité si nécessaire à ses yeux pour susciter leur adhésion.

Le bonheur d'être un patron réside autant dans la satisfaction de voir ses équipes se développer, s'approprier la réussite collective et atteindre les objectifs qu'elles se sont fixés que dans le pouvoir exercé et le chèque de paie. Les patrons qui sont reconnus pour leurs qualités de leader partagent souvent les mêmes motivations.

La liberté de décider. C'est vous qui décidez de la direction à prendre. Vous êtes le capitaine du navire et vous pouvez aller là où vous le souhaitez. La stratégie est votre rayon, et c'est à vous de savoir la communiquer et d'amener vos équipes à partager votre vision. Le choix de l'action vous appartient. Personne (ou presque) ne peut vous imposer un plan qui ne vous convient pas : vous êtes maître de votre destin, de vos bons coups et de vos faux pas. Vous jouez pour gagner et vous avez le courage de courir des risques.

L'avantage de choisir ses collègues. C'est d'ailleurs dans sa capacité à bien s'entourer que le gestionnaire est reconnu. S'il existe un avantage, c'est bien celui du choix des personnes avec qui on va travailler. Il reste à bien les recruter…

L'intérêt financier. Si le fait d'être le patron est très exigeant, la compensation financière en vaut toutefois la peine. La rémunération est aussi une source de motivation et de satisfaction. Les longues heures et les soucis valent cher et méritent un salaire plus élevé.

Le plaisir de partager ses connaissances. L'accès à un poste de direction suppose le plus souvent l'accumulation d'un bagage d'expériences et de connaissances. Combien de fois ai-je entendu des cadres parvenus à ce niveau dire : "Je suis arrivé à un stade où j'ai le goût de redonner ce que j'ai reçu et de transmettre mes acquis". À une certaine étape de sa vie personnelle, redonner et dispenser son savoir est très gratifiant.

La fierté d'atteindre des objectifs ensemble. On bâtit plus grand à plusieurs que tout seul. Le succès d'une organisation ne peut reposer sur une seule personne, et c'est bien grâce à la persévérance, à la contribution de tous et à une volonté collective de réussite qu'une entreprise se démarque. Si les patrons se sentent parfois seuls, nombreux sont ceux qui reconnaissent que leur équipe leur apporte autant de soutien qu'eux-mêmes leur en donnent.

Aux cadres qui en viendraient à douter, Martine répond : "Ceux qui sont faits pour diriger sont animés d'une volonté et d'un besoin irrésistibles de bâtir et de faire bouger les choses. C'est ce qui les fait avancer. Cela ne s'apprend pas, car cela fait partie intégrante de leur personnalité". Si vous êtes de cette trempe, vous saurez que vous êtes fait pour être patron… même malgré vous, parce que c'est ce qui vous rend heureux !

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