« Nous voulons aller au delà des limites de l’organisation, des individus et des frontières », Florent Francoeur

« Nous voulons aller au delà des limites de l’organisation, des individus et des frontières », Florent Francoeur, président directeur général de l’Ordre des CRHA et CRIA

Chaque année, le congrès mondial des ressources humaines constitue le grand happening pour les spécialistes RH de tous les continents. L’édition 2010 a eu lieu à Montréal du 27 au 29 septembre. Florent Francoeur, PDG de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, qui organise l’événement, nous en présente les grandes tendances.

Quelles ont été les grandes thématiques abordées au cours de ce congrès international?

Les questions de démographie et de changement technologique sont la toile de fond qui nous a aidés à préparer le congrès. Comment attirer, mobiliser et conserver les bons éléments dans nos organisations dans un contexte où la démographie et les changements technologiques sont aussi importants ? Au niveau démographique, alors que la plupart des pays industrialisés sont confrontés au vieillissement de la population, d’autres pays, comme le Maroc, ont une population très jeune et des taux de natalité élevés. Les situations diffèrent mais nous nous demandons tous comment mieux attirer, recruter, intéresser et conserver nos employés. Au niveau technologique, le congrès a abordé les questions des médias sociaux et du recrutement à l’heure du web 2.0. Il était aussi question de voir comment modifier les lois de travail partout dans le monde pour refléter ces nouvelles tendances technologiques.

Quel était le public cible du congrès?

C’est un congrès qui est destiné aux professionnels RH qui souhaitent réfléchir aux nouvelles tendances et mettre à jour leurs propres connaissances afin d’améliorer leur service et leur organisation. Les 3 500 participants provenaient de cinquante-cinq pays différents : le Canada, les États-Unis, la France, la Suisse, la Grande-Bretagne, mais aussi le Mexique, l’Argentine, l’Australie, les Pays-Bas ou encore Singapour, Dubaï et Porto Rico. Au niveau des conférenciers, nous avons également misé sur la diversité. Nous avons ainsi veillé à ce qu’un tiers d’entre eux vienne du Québec, un autre tiers des autres provinces canadiennes, et le dernier tiers du reste du monde et ce afin de permettre un véritable échange de perspectives sur l’ensemble des thématiques RH abordées.

Quels bénéfices les spécialistes RH canadiens peuvent-ils tirer d’un tel événement?

Le congrès offre une belle occasion de découvrir comment d’autres pays gèrent les questions propres aux ressources humaines. Prenons par exemple la gestion de la diversité. Au Canada, nous percevons les questions de religion, de race et de couleurs à travers le prisme nord-américain. Mais certains pays africains ont à gérer non seulement des couleurs mais aussi des tribus, langages et traditions différents. L’idée est de mettre en contact nos experts canadiens avec des gens qui travaillent dans le même domaine mais qui ont une autre perspective et ce afin que notre fonction ressources humaines en ressorte grandie.

C’est le sens de l’intitulé du Congrès, « RH sans limites »?

Tout à fait. Nous ne voulons pas nous limiter aux paradigmes actuels mais plutôt aller au delà des limites de l’organisation, des individus et des frontières. Nous devons regarder ailleurs et nous demander comment réinventer les modèles sans briser ce qu’on fait de bien.

Quelles étaient, selon vous, les conférences ou conférenciers phare?

La conférence plénière d’ouverture (27 septembre) était donnée par Don Tapscott, un conférencier d’exception sur la manière de concilier la gestion des individus dans un contexte de changement technologique. Je pense également à Henry Mintzberg, une sommité mondiale, qui est venu nous parler d’un nouveau modèle de gestion, le communautyship (28 septembre). Nous avons aussi eu une conférence donnée par deux vice-présidentes du Cirque du Soleil et qui s’attachait à montrer comment une organisation basée au Québec parvient à gérer des employés qui viennent du monde entier.

Y a-t-il des problématiques particulièrement ancrées dans l’actualité qui étaient abordées au cours du congrès?

Comme l’univers du travail concerne tout le monde et que les politiques en matière de gestion des ressources humaines ont un impact sur chacun d’entre nous, je dirai que tout y était d’actualité. Nous souhaitions aborder des tendances que l’on a observées au cours des dernières années, comme les nouvelles technologies, la diversité, ou encore la «marque employeur». Des phénomènes qui s’accélèrent et deviennent de plus en plus importants.

La préparation du Congrès s’est-elle bien déroulée?

Absolument. Les objectifs en termes de participation sont remplis, avec 3 500 participants, dont 1 000 venant d’autres continents. La programmation me semble exceptionnelle, avec plus d’une centaine d’ateliers en trois jours en français, anglais et espagnol. Non seulement les participants ont appris beaucoup mais en plus, nous avons pu démontrer que le Canada est capable de recevoir adéquatement les experts RH du monde entier.

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