Ce qui accroît le taux de roulement

L’absence de perspectives et d’opportunités au sein d’une entreprise constitue le principal facteur qui pousse les employés à démissionner, selon une récente étude de Penna Plc, un cabinet-conseil en ressources humaines du Royaume-Uni.


« Il est important que les entreprises adoptent une culture axée sur le perfectionnement de carrière et qu’elles valorisent les opportunités d’évolution au sein même de l’organisation », prévient Bev White, directrice générale du service de gestion de carrière chez Penna Plc.

Stopper l’hémorragie
Dans cette étude, 20 % des répondants ont affirmé que c’est d’abord le manque de perspective d’évolution au sein de leur entreprise qui incite les travailleurs à changer d’emploi. Bien que 42 % des entreprises interrogées envisagent d’accroître leur investissement dans la formation de leur personnel dans les 12 mois à venir, une entreprise sur cinq a reconnu n’avoir élaboré aucune planification de la relève.

Loin d’être une dépense inutile, les investissements alloués au capital humain sont bénéfiques tant pour les employeurs que pour les travailleurs.  Avec un meilleur développement des compétences de la main-d’œuvre, « les équipes de travail auraient un plus grand engagement professionnel, dont les entreprises  pourrait bénéficier en tirant aussi profit de cet investissement en développement de carrière », rappelle à juste titre Bev White.

L’impact
Selon les derniers chiffres obtenus, toutes professions confondues, le taux moyen de roulement de la main-d’œuvre dépasse les 30 % au Québec. Alors que le phénomène tend à s’intensifier, il n’est pas sans risque pour les entreprises qui, en plus de subir les coûts directs et indirects de ce roulement, semblent éprouver des difficultés à retenir leurs talents.

« Les conséquences d’un roulement important de la main-d’œuvre sont habituellement évaluées en fonction des pertes en productivité et des coûts de remplacement. Cependant, le roulement entraîne également une diminution de la performance et une augmentation de la charge de travail dans l’entreprise », peut-on lire dans un article de Pierre-Sébastien Fournier, professeur au département de management de l’Université Laval et codirecteur de la Chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail.

Besoin de rétroaction
L’étude révèle aussi que dans la majorité des entreprises, les responsables des ressources humaines ne prennent pas le temps de discuter avec les employés de leur plan de carrière respectif.

Pourtant, « nous savons que les employés appartenant aux générations Y et C apprécient de faire le point régulièrement sur leur avancement de carrière, explique Bev White, les entreprises doivent désormais trouver le moyen de fournir des commentaires constructifs à leurs employés en dressant le plus souvent possible des bilans informels avec eux ».

Les frais occasionnés par le roulement de personnel coûteraient à une entreprise de 0,5 à 2 fois le salaire de son employé. Face à ces pertes, qui se chiffrent en milliers de dollars, il revient aux entreprises de réfléchir aux impacts de ne pas offrir de meilleures perspectives d’avenir à leurs employés.

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