«Les réseaux sociaux ne sont pas un remède miracle», Ben Yoskovitz, co-fondateur de Standout Jobs

Même s’ils prennent une place grandissante dans le secteur de l’embauche, les réseaux sociaux ne sont pas encore une panacée. « Ce sont de bons outils, mais encore faut-il les utiliser efficacement », observe Ben Yoskovitz, co-fondateur du portail d’emploi . Le spécialiste du Web 2.0, qui vient de vendre sa société montréalaise, fait le point sur l’état du recrutement en ligne.

Pourquoi avoir vendu Standout Jobs, moins de trois ans après sa création?

Les raisons sont multiples. Nous avons réalisé que notre site n’était qu’une pièce du casse-tête dans le vaste secteur du recrutement. Notre intention était de grandir, donc nous avons vendu à une entreprise qui possède plusieurs autres ressources qui permettront à Standout Jobs de progresser. Les clients vont ainsi avoir davantage de choix.

Comment est née l’idée d’un tel jobboard?

Tout a commencé en 2007. Mes associés et moi avons vu une opportunité dans le recrutement pour les petites entreprises. Le timing était idéal puisque les réseaux sociaux connaissaient une belle expansion. Le Web 2.0 était utilisé dans plusieurs domaines, mais pas réellement dans le recrutement. Depuis plusieurs années, nous entendions des plaintes d’employeurs et de chercheurs d’emplois qui critiquaient le design et les fonctionnalités de certains jobboards. Nous avons alors pensé à créer un produit attrayant qui répondrait aux exigences de tous.

Que retenez-vous de ces trois ans à la tête de Standout Jobs?

J’ai pu valider certaines informations, comme le fait que les réseaux sociaux ne sont pas un remède miracle au recrutement. Bien utiliser ces nouveaux outils représente un réel défi. Les entreprises doivent faire des efforts pour comprendre le Web 2.0. On a beau leur donner les outils, si elles ne les maîtrisent pas, les résultats se feront attendre. Nous avons tenté d’aider les sociétés à mieux intégrer ces éléments.

Le Web 2.0 sonne-t-il le glas des portails d’emplois traditionnels?

Seulement s’il permet aux sociétés de réaliser des bénéfices. La clé pour les entreprises est de déterminer le moyen de recrutement qui fonctionne le mieux pour elles. C’est certain que les réseaux sociaux jouent un rôle de plus en plus important. Mais on disait aussi que la radio allait tuer l’imprimerie et qu’Internet ferait disparaître la télévision et ça ne s’est pas produit. Pour l’instant, il est encore difficile de mesurer l’efficacité des réseaux sociaux pour l’embauche. Mais une chose est certaine : dans cinq ans, débourser 500$ pour afficher une annonce ne sera plus une solution valable.

Les réseaux sociaux sont-ils aussi efficaces que les sites emploi ?

Le problème, c’est qu’on peut encore difficilement calculer la valeur qu’apportent les réseaux sociaux pour le recrutement. Avant, on payait un montant défini, on recevait un certain nombre de candidatures et il était facile de calculer le retour sur investissement. Avec les blogues ou Facebook, ces calculs ne fonctionnent pas. Il faudra arriver à quantifier ces résultats.

Vous affirmez avoir établi avec Standout Jobs les standards du recrutement en ligne. Quels sont ces standards?

Les sites corporatifs ont des sections carrières qui sont peu attractives dans 99% des cas. Ces pages devraient être interactives, intéressantes et actualisées régulièrement. Notre travail chez Standout Jobs consistait à accompagner les entreprises en les aidant à bâtir de meilleurs sites et en offrant par la suite un service d’assistance, notamment en ce qui concerne leurs usages des blogues et réseaux sociaux. Car aujourd’hui, de plus en plus de chercheurs d’emplois scrutent ces médias en quête d’informations sur les organisations. Pour les attirer, les entreprises doivent donc communiquer par leur biais en mettant l’accent sur leurs avantages sociaux et leurs conditions de travail. Voilà ce que je considère comme des standards à atteindre en matière de recrutement en ligne.

Doit-on s’attendre à d’autres évolutions dans le recrutement via les réseaux sociaux?

La demande va augmenter, tant chez les candidats que chez les employeurs. J’espère aussi que les stratégies de recrutement se peaufineront sur les réseaux sociaux. Vous pouvez mettre une annonce sur Twitter si vous cherchez des comptables, mais trouver un médecin sera beaucoup plus difficile. Les réseaux sociaux devront être plus compartimentés pour que tous les types de métiers puissent être représentés. Tout le monde est accessible grâce au Web, il suffit de savoir rejoindre les personnes adéquatement.

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