Augmentation spectaculaire de la rémunération des PDG Canadiens

Les chefs d'entreprises canadiens les mieux payés ont vu leur salaire s’accroître de 25% en 2013 par rapport à 2008. Leur rémunération a ainsi augmenté deux fois plus que celle du salarié moyen, pour la même période. C’est ce que révèle une étude du Centre canadien des politiques alternatives publiée début janvier.

 

En 2013, les cent PDG les mieux rémunérés au Canada ont touché 9,2 millions $ en moyenne, soit 25% de plus qu’en 2008. C’est ce qu’indique le rapport du Centre canadien de politiques alternatives réalisé à partir de données relatives aux directeurs de 240 entreprises canadiennes cotées en bourse, et qui incluent le salaire, les primes, la cession d’actions et les options d’achat. Il faut revenir à 2007, juste avant la crise pour retrouver un seuil de rémunération aussi exponentiel.

 

Les Canadiens, en revanche, n’ont vu leur salaire moyen annuel augmenter que de 12% pour atteindre 47 358 $, pour la même période. L’étude révèle que les patrons canadiens les mieux rétribués ont donc gagné 195 fois plus que le Canadien moyen. L’écart est encore plus important lorsqu’il s’agit des femmes : les patronnes mieux rémunérées en 2013 ont touché 237 fois plus que les salariées moyennes. Le rapport dévoile également qu’au deuxième jour de l’année 2013, soit le 2 janvier, les PDG les mieux rémunérés avaient gagné autant en une journée que le Canadien moyen en une année entière.

 

87,9 millions $ pour le PDG le mieux rémunéré

 

Et c’est le directeur du fonds d’investissement Onex, Gerald Schwartz qui prend la tête du classement des PDG les plus grassement rétribués, avec un salaire de 87,9 millions $ en 2013. Nadir Mohamed, dirigeant de Rogers Communications, occupe la deuxième marche du podium avec 26,8 millions $. Le patron des fertilisants Agrium décroche le bronze avec 23,8 millions $. Celui qui vient clore ce classement ne gagne « que » 4,1 millions $ : il s’agit du patron de Canadian Energy Services & Technology, Thomas Simons. Le dernier du classement de 2013 a toutefois gagné 30% de plus que celui de 2008 qui occupait cette place avec 3,8 millions $.

 

L’auteur du rapport, Hugh Mackenzie, s’interroge sur ce qui justifie une telle augmentation dans la mesure où les responsabilités des patrons canadiens ont peu changé ces dernières décennies. D’autre part, le pays n’est toujours pas sorti de la récession économique. En outre, une rémunération exponentielle des PDG pourrait les inciter à se pencher d’avantage sur les bénéfices à court terme de leur organisation, plutôt que sur leur bonne santé. L’étude préconise de s’intéresser de plus près au problème que pose une rémunération incontrôlée des dirigeants canadiens et d’introduire un système fiscal comprenant plus de taux marginaux d’imposition.

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