« L’année a été particulièrement excitante », Gabriel Bouchard, président de Workopolis

« L’année a été particulièrement excitante »,
Gabriel Bouchard, président de Workopolis

Malgré les conséquences de la crise économique, le Québec, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse ont tiré leur épingle du jeu en matière de création d’emplois depuis un an. Que nous réserve 2010 à ce sujet? Quels seront les secteurs en demande? Le président de Workopolis, Gabriel Bouchard, fait le point sur la situation.

Comment expliquer que le recrutement via Workopolis n’ait pas connu de baisse malgré la crise?

C’est un ralentissement économique différent des derniers que nous avons connus. Oui, il y a eu beaucoup de pertes d’emplois dans les domaines de la foresterie et du manufacturier, mais la récession cachait aussi une pénurie dans d’autres secteurs. Certains ont dit que c’était la pire crise depuis les années 1930, or à cette époque, le taux de chômage était de 12% au pays. L’an dernier, il n’a pas dépassé 8%. On pouvait avoir l’impression que c’était la fin du monde pour les travailleurs, mais ce ne l’était certainement pas dans tous les secteurs.

La reprise économique étant amorcée, quels secteurs d’emplois sont les plus en demande?

Il y a de fortes pénuries dans les métiers spécialisés. On croit souvent à tort que les postes les plus recherchés nécessitent des études universitaires. En réalité, les postes de soutien administratif à combler vont être nombreux. Les départs à la retraite vont se faire ressentir fortement dans ce secteur, de même que dans la comptabilité. Avec la reprise de l’économie, des emplois de camionneurs et dans les transports de tout type vont aussi être affichés. Tous les nouveaux investissements dans les infrastructures créent également une forte demande pour les ingénieurs civils. Enfin, beaucoup de cadres seniors vont quitter pour la retraite, les jeunes auront donc de belles opportunités.

Selon l’Enquête de Statistique Canada sur la population active, l’Alberta a perdu son titre d’excellent recruteur au pays. Pour quelle raison?

L’activité de recrutement que l’on a enregistré pour cette province l’an dernier est de -5%. Leur économie n’est pas très diversifiée et les ressources naturelles ont été malmenées récemment. À l’opposé, le Québec a été plus épargné par la crise parce que son économie est davantage variée. Mais dès que le prix de l’essence va augmenter, les investissements vont revenir en Alberta. De plus, beaucoup de gens ont pris leur retraite depuis le début du ralentissement économique, donc la pénurie dans le secteur des ressources naturelles va bientôt être sévère.

Comment ont réagi les Canadiens durant la crise?

La grande différence entre 2009 et les années précédentes, c’est que de nombreux Canadiens ont préféré attendre la fin de la récession avant de changer d’emploi. Ils ont été des chercheurs passifs qui pouvaient se permettre d’étudier toutes les offres disponibles tout en conservant la sécurité de leur revenu. Les entreprises qui ont travaillé sur leur image de marque durant le ralentissement ont de meilleures chances d’attirer ces candidats qui sont maintenant prêts à changer d’entreprise. Nous avons d’ailleurs observé une très forte affluence sur notre site en janvier.

Vous êtes entrés en fonction chez Workopolis au plus fort de la crise, à l’automne 2008. Comment qualifiez-vous cette première année?

L’année a été particulièrement excitante. On a battu le marché en gagnant des parts supplémentaires. Nos propriétaires ont fait le pari d’investir malgré la récession et nous avons maintenant 40 employés supplémentaires. C’est la preuve que nos objectifs sont à long terme. Le marché va commencer sous peu à voir les résultats de nos investissements.

Quels sont les futurs projets de Workopolis?

Nous allons en faire l’annonce officielle en mai, mais je peux affirmer que nous allons offrir aux employeurs et candidats une proposition de service qui n’existe pas encore dans notre domaine. Nous allons encore plus les aider à se mettre en valeur. Nous sommes un peu comme un site de dating, nous voulons faciliter davantage la rencontre entre les entreprises et les chercheurs d’emplois. Les besoins à combler sont encore énormes dans ce secteur.

Dénicher l’emploi idéal passera-t-il davantage par le recrutement en ligne dans la prochaine décennie?

Absolument. Nous allons vers un marché marqué vers les candidats qualifiés. Comme je le mentionnais, beaucoup de gens magasinent un emploi même s’ils travaillent. Ils sont de plus en plus sélectifs parce qu’ils connaissent les besoins dans leur secteur. Avec Internet, ils ont accès à énormément d’informations. Peu d’employeurs arrivent à articuler un message destinés à ces candidats. Tout le monde aimerait les embaucher, mais les entreprises peinent à les rejoindre. Nous intervenons donc pour aider les employeurs à bien se faire connaître et à améliorer leur image.

Comment compétionnez-vous face aux réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, où se retrouvent de plus en plus d’offres d’emplois?

On a choisi d’en faire des solutions plutôt que de se battre contre ces sites. On montre ainsi aux employeurs comment utiliser ces réseaux de façon efficace. Car recruter une personne sur Twitter, ça se fait, mais en trouver 100 ou 200 dans un court délai, c’est beaucoup plus difficile ! Dénicher un grand nombre de personnes qualifiées est une tâche ardue pour laquelle les entreprises manquent de temps. Or, c’est justement ce que propose Workopolis, c’est notre valeur ajoutée.

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Le parcours de Gabriel Bouchard

– Baccalauréat en administration des affaires à l’UQAM

– Vice-président marketing chez TMP Worldwide

– Directeur du service de la publicité et de la promotion à Radio-Québec

– Fondateur de Monster.ca où il a œuvré durant 14 ans

– Président de Workopolis depuis avril 2009

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