Recruter chez un concurrent : est-ce éthique ?

Dans certains secteurs où la main-d’œuvre qualifiée se fait rare, recruter chez un concurrent est une nécessité. Petit guide éthique pour réussir cette opération délicate.

Si de nombreuses compagnies évitent le plus possible de recruter chez un concurrent et ont mis en place des politiques de recrutement en interne en priorité, il n’en est rien dans certains secteurs d’activités aux prises avec une rareté de la main-d’œuvre. Certains employeurs, à la recherche de candidats pour des postes stratégiques difficiles à pourvoir, ne peuvent tout simplement pas envisager de recruter dans d’autres secteurs d’activités.

« Les actuaires, par exemple, ne sont pas en nombre suffisant au Québec pour satisfaire à la demande, explique Andréa Gill, consultante en gestion du leadership éthique chez Services Praxie, et chargée de cours à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Dans ce secteur précis, le recours à des candidats qui seraient déjà à l’emploi chez un concurrent est très courant et n’est pas particulièrement mal vu. Tout le monde a droit à l’emploi et tout employeur a le droit de chercher le meilleur candidat pour combler ses besoins. Ce principe est la plupart du temps respecté par tous. »

Rigueur, rigueur, rigueur !

Recruter chez un concurrent ne brimera pas votre bonne réputation dans votre milieu si vous le faites pour les bonnes raisons. « Il faut néanmoins redoubler de rigueur dans ces cas-là, dit Andréa Gill, et évaluer toutes les raisons qui vous poussent à aller voir chez le concurrent. Il faut s’assurer qu’il n’y ait vraiment pas d’autres options et vérifier qu’il n’y a vraiment aucun candidat pertinent en interne. Si vous tentez surtout de soutirer des informations confidentielles au candidat, votre manque d’éthique apparaîtra flagrant. »

Pour les postes plus stratégiques, l’employeur recourt généralement aux services d’un chasseur de têtes, qui fera preuve de discrétion, qui a l’habitude de respecter la confidentialité des parties et de se dépatouiller avec les clauses de non-concurrence qui peuvent faire obstacle à la démarche.

Soigner ses futurs partenaires d’affaires

Chaque fois que le besoin de recrutement chez un concurrent se fait sentir, il faut observer quelles sont les parties prenantes et soigner ses partenaires, selon Andréa Gill. « Les entreprises des secteurs des hautes technologies et de l’intelligence artificielle, par exemple, évoluent dans une industrie de collaboration dans laquelle, souvent, la recherche se fait en collégialité avec ses concurrents. Il ne faut pas se mettre à dos des collaborateurs précieux… »

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