Les secteurs porteurs, boudés par les étudiants

Si les Canadiens se dirigent massivement vers des études postsecondaires, nombreux sont ceux qui choisissent des secteurs peu rémunérateurs ou ayant peu de besoins en main d'oeuvre. C'est ce que révèle le rapport Degrees of Success: The Payoff to Higher Education in Canada de Benjamin Tal, économiste en chef adjoint, et Emanuella Enenajor, économiste à la Banque CIBC.

 

Alors que la proportion de diplômés du post-secondaire, parmi les pays de l'OCDE, est la plus élevée au Canada, la part de ceux qui gagnent moins que le revenu médian global l'est aussi ! Un paradoxe directement imputable aux choix effectués par les futurs étudiants au moment de s'orienter à en croire les conclusions du rapport. Les Canadiens sont en effet plus enclins à choisir une carrière par goût plutôt que par nécessité financière. Conséquence : le taux de chômage constaté chez les diplômés du postsecondaire n'est que de 1,7% moins élevé que ceux qui se sont arrêtés au niveau des études secondaires.

 

ScreenHunter_465-Sep-12-11-54-2.jpgUn rendement sur investissement peu rentable

En calculant le « rendement de l'investissement » en fonction des filières d'études, les auteurs du rapport ont mis en évidence, sans surprise, que les domaines spécialisés et professionnels, tels que la médecine, le droit ou encore le génie, sont les plus prometteurs en termes de rémunération. Les secteurs les moins porteurs, sans surprise non plus, sont ceux des lettres, sciences humaines et sciences sociales. Ce qui n'empêche pas les Canadiens de s'y engouffrer puisqu'un peu moins de la moitié des jeunes diplômés sont issus de ces filières. Un phénomène qui a également été observé dans d'autres pays comme les États-Unis ou la Suède. Seul le domaine commercial fait figure d'exception jugé rentable et ayant enregistré une fréquentation élevée et stable au cours des dix dernières années.

 

Une stratégie d'orientation à revoir

 

« Les étudiants qui déboursent des milliers de dollars pour faire des études supérieures peuvent considérer un diplôme universitaire comme un investissement comportant des frais initiaux et une série d'avantages futurs », estime M. Tal. « Étant donné qu'environ la moitié des étudiants au baccalauréat doivent s'endetter pour obtenir leur diplôme, une partie importante de la population arrive sur le marché du travail avec une santé financière hypothéquée. » Il est donc primordial que davantage d'étudiants se tounent vers des secteurs porteurs. Pour ce faire, l'auteur estime que les nouvelles tendances liées aux besoins du marché doivent être mieux cernées, l'accès à une éducation de qualité amélioré et plus équitable, et les investissements privés plus importants.

 

La reconnaissance des diplômes étrangers pointée du doigt

 

Enfin, le rapport souligne la nécessité de rendre le système de reconnaissance des titres de compétences des nouveaux migrants « plus simple et efficace », en pointant des différences de salaires éloquentes. Aujourd'hui, un travailleur ayant obtenu un diplôme de commerce à l'étranger gagne 40% de moins que quelqu'un ayant décroché sa qualification au Canada. Dans le secteur du génie, cette différence atteint 70%.

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